le Bouquinoire, blog littéraire

Texte invité : François Voituron sur le club d'échecs de Ville d'Avray

En 2001, année de célébration du Centenaire des associations de type Loi 1901, lesdites associations françaises furent invitées par l'Etat à rédiger leur Historique ; dossiers qui ont commencer de fleurir. Autant d'études appelées à mettre au jour des événements et personnalités souvent méconnues et non signalées dans les ouvrages par trop généraux. C'est dans cet ordre d'idées que nous avons accueilli avec enthousiasme sur le site Mieux Jouer aux Echecs (www.mjae.com mené par Gérard Demuydt), section Culture de l'échiquier que je dirigeais, le dossier complet réalisé par Franz Destrebecq sur l'« Histoire des Echecs à Lyon », puis une belle contribution de Jacques Katlama & Marc Quenehen sur leur club parisien, « le Cercle d’Echecs Potemkine » maintenant à Levallois-Perret. Série continuée avec l’« historique du Cercle d’échecs de Strasbourg » par MI Daniel Roos, puis la présentation tout à fait détaillée de l’un des plus anciens cercles français, par son secrétaire actuel Robert Siberchicot, l'Echiquier Marseillais. Enfin André Ezratti avait quant à lui proposé un sémillant « Aperçu historique du club d'échecs Lorrain Metz-Fischer ». Ici, je souhaite clore (provisoirement sans nul doute) cette série avec l'Historique d'un club peu connu mais qui surprendra par la notoriété des joueurs qui firent ses Grandes Heures... [Dany Sénéchaud]

 

 

 

Historique du « Petit-Roque »

 

Club d'échecs de VILLE d'AVRAY

 

depuis 1945*

 

 

 

par François VOITURON (nom d'artiste Michel Holley)

 

 

 

 

 

 

 

Logotype du Petit-Roque

« La composition originale du logotype utilise la forme carrée d’une case d’échiquier dont les bords sont représentés par deux séries de textes.

En bas et à gauche, les textes reprennent la numérotation d’un échiquier de compétition. En haut et à droite, les textes nomment le club et l’adresse de son site internet.

A l’intérieur de cette forme carrée, la notation 0-0 qui est celle du coup du petit-roque aux échecs, est utilisée pour représenter les yeux d’un joueur d’échecs dont le visage est esquissé au trait.

L’usage exclusif du noir sur fonds blanc rappelle la dualité qui est la marque même du jeu ».

Michel Holley - 2003

 

 

 

 

Anonyme ou célèbre, simple « pousseur de bois » ou Champion de renommée mondiale, le Dagovéranien a toujours été présent dans l’univers discret des échecs. De la table de jeu, dite« tric-trac », spécialité de l’artisan-ébeniste Denis Louis Ancellet qui reçut au printemps de 1791 la dernière commande d’ouvrages (d’un montant de 3,109 livres) du Garde-Meuble de Louis XVI, c’est-à-dire de Marc-Antoine Thierry, baron de Ville d’Avray à la conception et l’animation d’un site Internet qui sert de support d’information aux joueurs, ou encore des bravades et défis d’un Deschapelles aux jeux de mots et fantaisies d’un Vian, notre petite commune a vaillamment traversé les époques et les styles pour se forger une histoire et une réputation échiquéenne… que nous vous laissons découvrir.



La Roi est mort … Vivent les échecs !

 

Ne cherchez pas d’erreur dans ce titre, il n’y en a pas. Si la phrase historique bien connue : « Le Roi est mort ! Vive le Roi ! » met l’accent sur la succession naturelle qui s’opérait d’un monarque à l’autre, avec la Révolution Française, l’ordre des choses se trouve bouleversé, y compris la pratique du jeu d’échecs. Et, paradoxe s’il en est, c’est bien à cette période que le « jeu des Rois » acquiert ses premières lettres de Noblesse !

Plongeons-nous un instant dans l’ambiance, bruyante et enfumée d’odeurs de pipe, des cafés parisiens, ces lieux où l’on se retrouve, parfois pour y entendre des nouvelles ou alors pour jouer aux échecs. Il en existait plusieurs, tels le Procope, le Voltaire, Le Maugui, le Morillon, la Terrasse des Feuillants, mais le plus illustre de tous reste incontestablement le café de la Régence qui se distingua également par sa longévité (ouvert de 1715-1920 et situé au Palais-Royal). Les parties de café étaient rapides (7 parties en 5 heures environ) avec enjeu (tasse de café), étant précisé que la tasse de café était relativement chère. Au Café de la Régence, on pouvait croiser le champion français Philidor (1726-1795), M de Robespierre qui jouait « fort mal » (1), M Danton, M Duperray qui était secrétaire de Mirabeau, mais aussi Rousseau et Marmontel sous le regard de Diderot (plutôt spectateur que joueur), Voltaire, Beaumarchais, La Fayette, Marat. Plus tard, ce furent Alfred de Musset (fort joueur), Grévy (Président de la République), Audren de Kerdrel (Sénateur), Gatineau (Député), Lequesne (sculpteur) et bien d’autres, aristocrates, artistes, philosophes... Avatar de la période Révolutionnaire, en 1796 le Directoire prononça l’interdiction du jeu d’échecs, trop associé à la Noblesse. La réhabilitation arriva en 1804 par Bonaparte, grand amateur (mais assez piètre joueur).

Il se trouve que l’un de ces joueurs de café, bien connu de ses contemporains et qui a laissé son nom dans l’histoire des échecs, se nomme Alexandre Lebreton-Deschapelles (1777-1847), né à Ville d’Avray dans une demeure située rue de Versailles face à l’église actuelle (voir encadré). Il régna seul sur les échecs entre 1815 et 1821 à la suite de Philidor.

Son élève, Charles Mahé de la Bourdonnais releva un défi lancé par nos voisins anglais et qui devait marquer le début des rencontres internationales, première étape vers un classement mondial. Le match-marathon se déroula en 1834 au Westminter Chess Club de Londres en 85 parties ! Le jeu solide et positionnel du Français eut raison de Mc Donnell, qui, épuisé par le combat, décéda peu après (2).

 

Au tournant du XIXème siècle, le jeu en lui-même et sa pratique quittent définitivement l’époque romantique pour entrer dans une nouvelle ère que l’on peut qualifier de moderne, caractérisée par l’adoption de pièces standard en 1850 (le style « Staunton » du nom de son auteur, champion anglais), la mesure du temps et des performances, la création d’instances représentatives, la codification des règles. Le premier tournoi international se déroulera à Londres en 1851.

 

 

Les « échecs Balzaciens »

 

Stefan Zweig nous pose la question dans son ouvrage, Le Joueur d’échecs : « Mais n’est-ce pas déjà les limiter injurieusement que d’appeler les échecs un jeu ? » (3), alors répondons fermement : oui c’est une insulte ou, à tout le moins, un attristant manque d’imagination. Car le jeu d’échecs est aussi un sport, une science, une philosophie, un enseignement, un combat de stratèges militaires ou une dispute au sens de l’échange intellectuel. Il est convenu de dire que chaque partie d’échecs raconte une histoire (4)… poursuivons en disant que l’histoire du jeu nous renvoie au jeu de l’Histoire (7). On entre parfois dans les échecs comme dans les Ordres, d’ailleurs les parties aux sens multiples et cachés, à la fois Bible et Missel, se jouent dans un « silence de Cathédrale » entre Maîtres et Grand Maîtres, véritables moines ou évêques, devant des novices fidèles et admiratifs. Affirmons même que en chaque joueur d’échecs sommeil un artiste qui s’ignore et nous aurons à la fois un peu complété l’infinité des modes de représentation de ce « jeu »… et considérablement facilité la possibilité de le lier à Ville d’Avray et ses habitants !

Ainsi, le blason accordé à Marc-Antoine Thierry, baron de Ville d’Avray, en Juillet 1784 (5), comporte deux tours avec chacune 8 créneaux (chaque face de l’échiquier comporte 8 cases et chaque joueur possède 2 tours). Quant au Lion, ce n’est pas seulement le Roi (des animaux), mais sa position en pointe évoquerait presque le Mat du Lion (partie la plus courte) ce qui rends immédiatement possible une lecture héraldico-échiquéenne des armes de la ville ! Moins fantaisiste, mais tout aussi indirecte, est la relation de Gambetta avec les échecs. Occasionnellement, ce dernier voyait Alphonse Daudet, au Procope (voir plus haut) pour boire un « bock » (6). Ils déjeunèrent un jour à Ville d’Avray dans la maison de l’éditeur Alphonse Lemerre (ancienne maison de Corot), sur quoi, enchanté par le calme des lieux, Gambetta acheta sa propriété aux Jardies. Ce havre de paix succédait donc aux champs de batailles examinés au Procope.

 

Beaucoup plus sérieuse, enfin, est l’analyse de La Comédie Humaine dont le texte est, nous dit-on : « quadrillé par un échiquier imaginaire sur lequel se circonscriraient les rapports des personnages » (7). Pour comprendre, comportons nous comme le spectateur occasionnel d’un tournoi d’échecs qui ne connaîtrait pas la règle de ce jeu et qui voudrait quand même comprendre ce qui se passe sous ses yeux. En observant chaque partie, en notant la forme, la position et le mode de déplacement de chaque pièce et en essayant de déceler un certain ordre, symétrique ou dissymétrique, en analysant les « retours » systématiques, nous pourrions commencer à émettre des hypothèses qui amèneraient, peu à peu, à formuler des règles générales. De la même façon, l’étude du roman balzacien réalisée par David Mendelson porte sur la forme et sur la fonction des personnages. En s’appuyant sur le fait que la « grammaire » de la langue est immanente, comme celle des échecs, et que la valeur des mots, de même que la valeur des pièces, est déterminée par le rapport dans lequel ils entrent avec d’autres mots, l’auteur définit les échecs balzaciens comme une grille de lecture voire comme un style littéraire. Toutefois, en se penchant sur l’exemple du lien qui relie entre eux tous les noms patronymiques de la bourgeoisie de Nemours, Balzac pose, dès son époque, la limite d’une analyse de son style qui serait purement géométrique : « il suffirait d’appliquer à la recherche des ancêtres et à leur accumulation que le temps accroît dans une rétrograde progression géométrique multipliée par elle-même, le calcul de ce sage, qui, demandant à un roi de Perse, pour récompense d’avoir inventé le jeu d’échecs, un épi de blé pour la première case de l’échiquier en doublant toujours, démontra que le royaume ne suffirait pas à le payer ». Il n’en reste pas moins que la tentation scientifique d’expliquer (de normer) la création littéraire est toujours active, une récente étude très sérieuse parue dans la presse citait le cas d’Agatha Christie et proposait des modèles mathématiques qui permettent de comprendre son succès.

 



 

 

 Jean Rostand jouant les Blancs contre son épouse. Au fond leur fils François joue les noires et blanches !





Dufou-Duroy, « maître stratège international »

 

Qui est Dufou-Duroy ? Selon le Procès Verbal de la réunion du mardi 8 juin 1943 qui s’est déroulée au 29 rue Pradier, rédigé par le Secrétaire général (Boris Vian), du Club échiquéen « Monprince » (surnom de François Rostand), devant les invités d’honneur : Madame Rostand et J. Demaux, cette première journée du grand tournoi annuel a réuni : « dans une atmosphère ardente, pas moins de 60% des membres du Club, attirés par l’éclat exceptionnel de cette rencontre d’ouverture » (8). Il est utile de préciser, ici, que la rencontre en question opposait 5 joueurs, en tout et pour tout, ce qui signifie que le « Club Monprince » était constitué, au plus, de 9 joueurs. La pièce d’anthologie se poursuit sur le même ton : « L’air de l’immense salle de réunion ; éclairée a giorno par des lustres et des girandoles, frémissait étonnement et les personnes les moins habituées à ces sortes de compétitions eussent perçu sans effort les vibrations cérébrales dont tremblait l’atmosphère. Certains joueurs surexcités réussirent des prouesses : C’est ainsi que le fameux Monprince réussit à vaincre le Président lui-même, pourtant en grande forme puisqu’il battit peu après le Secrétaire général. L’épuisement nerveux de Monprince était tel que l’on dut lui baigner les tempes de sirop de limaces. A l’heure actuelle, il est tout à fait remis. Nous renvoyons pour plus de détails techniques, au commentaire suivant établi par le maître stratège Dufou-Duroy (…). COMMENTAIRE STRATEGIQUE par G. DUFOU-DUROY : L’exhilarante sensation de perfection que l’on éprouvait hier soir à voir les coups merveilleux se succéder et succéder aux splendides coups magnifiques (on nous dit, ici, que G. Dufou-Duroy est de langue slave et que la saveur originale de son langage a été conservée et ses onomatopées reproduites trait pour trait) ne trouvait point dans la vodka sa source prime. Le premier isvotchik venu eût aisément discerné sous le vernis (…) la faiblesse dissimulée et la peur attentive. Nous commenterons simplement la victoire du joueur Monprince sur le Petit Père Fournel, notre Tsar à tous (en réalité Président du Club). Cette partie, qui débuta de façon classique, tourna rapidement à l’avantage de l’un des joueurs. L’autre ne put résister à l’assaut et perdit. On se rendra compte de la difficulté des coups en se rappelant que le match dura vingt minutes seulement et que les pièces bougèrent au moins trois fois chacune. La technique à déployer pour faire tant remuer une sotnia de petites pièces telles vous apparaît aisément et ne nécessite aucun commentaire superflu ».

Voilà. Comment ne pas deviner derrière le pseudonyme astucieux « G. Dufou-Duroy », avec son style littéraire créatif et sa « science échiquéenne »… Boris Vian lui-même !?

Contribution bien sympathique et tout à fait dans le style de Vian dont le père, Alain, avait déjà créé en 1941 le « Cercle Legâteux » pour permettre a ses amis de jouer aux échecs, tourner des courts-métrages et même de mettre au point des modèles réduits au sein de « La section Volante, déchaînée, sociale et cosmique de la science aérotechnique ». Boris Vian imaginera un échiquier à trois dimensions (plusieurs échiquiers superposés sur lesquels se jouait une même partie) dont quelqu’un détient peut-être le plan et la règle du jeu (8).



De cette époque, retenons aussi le Collège de Pataphysique et la promotion Satrape du 22 palotin 80 (11 mai 1953) dans laquelle figurent Boris Vian, Max Ernst, Jacques Prévert et un certain Marcel Duchamp (1887-1968) joueur de classe internationale (il remporte le tournoi de Paris en 1932), membre de la Fédération Française, délégué de l’International Chess Federation et auteur d’un traité sur les fins de parties.

 

 


Soirée du Petit-Roque aux Jardies (1954). Au premier plan Jean Rostand « posait » ce jour-là pour la photographie, puisqu'il s'avère que l'échiquier est positionné avec une case noire à sa droite !



Le « Petit-Roque »

 

Créé dans la foulée du Club Monprince, le Petit-Roque est formé en association le 9 janvier 1945 et ses statuts nous disent que le siège social était fixé place de la gare Sèvres-Ville-Avray, dans la maison du glacier Rouet (la pharmacie actuelle). Emplacement stratégique, s’il en est, puisque situé face au Café des Jardies qui fera office d’annexe bien commode. L’article IV des statuts du Petit-Roque est exemplaire et précise fort utilement que : « le cercle est ouvert aux joueurs d’échecs des deux sexes… ». Rappelons cette réalité historique, savoir que l’ordonnance autorisant le vote des femmes a été prise par le gouvernement provisoire de Gaulle à Alger, le 21 avril 1944. Le premier vote intervenant pour des élections communales le 25 avril 1945.

Le Petit-Roque est animé par un duo père-fils inédit avec Alain et Boris Vian, Jean et François Rostand. Yéhudi Ménuhin viendra occasionnellement se joindre aux parties du Club. François Rostand et son épouse seront membres actifs pendant plus de 22 ans !

Par la suite, le Petit-Roque est dirigé par Bernard Authelet de 1976 à 1988, période au cours de laquelle sont organisés des Championnats départementaux au Château. Puis arrive M. Rolland pour la période 1989 à 1996, André Carrère de 1998 à 2000, bon joueur et toujours inscrit au club et, depuis 2002, Pascal Champagne.



Pour la première fois de son existence, au cours de la saison 2005-2006, le Petit-Roque obtient une récompense officielle avec la première place de l’équipe Jeunes inscrite en compétition Nationale. Parallèlement, le Club organise, à nouveau, les championnats départementaux au Château (10ème édition en 2005 et 11ème édition en 2006) et s’engage pour la première fois dans une action en faveur du Téléthon (animation au Café des Jardies). Signe des temps, le site internet www.petit-roque.com, accompagné d’une Newsletter mensuelle, assure une information en temps réel et le projet de développer les échecs à l’école est mis en place.



Enfin, comment résister au plaisir de faire partager l’une au moins de ces anecdotes amusantes qui ont émaillé la vie du Club ces dernières années ? Citons ce vigile, engagé à titre temporaire par la Maison pour Tous, et qui ne payait pas de mine, si l’on peut dire, avec ses vêtements ajustés et son air discret. Evgueni Kolokolnikov avait deux particularités invisibles pour le commun des mortels. Il jouait aux échecs et surtout… il parlait russe. C’est comme ceci que nous découvrîmes en lui, à l’occasion du 10ème Championnat Départemental des Hauts-de-Seine, un excellent joueur (classé 10ème avec une Performance de 1930 !) et un très bon interprète pour traduire, au cours d’un dîner mémorable, les souvenirs du Grand Maître International, Jacob Murey, invité d’honneur. Les deux hommes furent ensuite laissés ensemble, au 3 Chemin des Closeaux, pour un repos mérité avant la seconde journée du Championnat. Et, quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre le lendemain qu’ils avaient passé une grande partie de la nuit à jouer aux échecs !

Autre anecdote d’un joueur, tel ce premier Prix… d’Ardeur au Jeu ! Remis en grande pompes à la suite des Prix classiques de Mathématiques, Français, et obtenu en 1968, non pas pour un exploit sur les barricades… mais pour avoir méthodiquement battu aux échecs le mari de son institutrice en classe de neiges de CM2 (école Ste Jeanne d’Arc de Sèvres). L’originalité de ce Prix est telle que nous ne sommes pas étonnés de retrouver le même joueur, bien plus tard, cité pour un Prix, de beauté cette fois-ci, en récompense d’une partie admirable, obtenu en décembre 2005 lors d’un Tournoi homologué par la Fédération Internationale Des Echecs (FIDE). Le nom de ce joueur ? Votre (… humble) serviteur, lui-même, en personne !

 

 

 

François Voituron, 2006







Alexandre LEBRETON-DESCHAPELLES

 

Né à Ville d’Avray en juin 1777, d’un père officier de Louis XV (nommé Maréchal de camp en 1791 pour sa retraite), il entra à l’Ecole militaire de Brienne et la quitta à sa dissolution en 1794. Enrôlé dans le 35ème Régiment d’infanterie en ligne, il montre un courage exceptionnel. Laissé pour mort au siège de Mayence (violemment touché, il restera couvert de blessures dont une profonde balafre au visage), il se distingue à la bataille de Fleurus (mais son poignet droit est abattu d’un coup de sabre), prisonnier lors de la capitulation de Baylen… il s’échappe des pontons de Cadix. Nommé par le Maréchal Ney, superintendant des tabacs de Strasbourg en 1812, il participe à la bataille de Waterloo où il organisa une bande de partisans qui le nommèrent général.

Entre 1815 et 1820, sa renommée de très grand joueur d’échecs est immense auprès des parisiens, des Français, des peuples d’Europe et son nom se classe entre Philidor et son ami et élève Labourdonnais. En 1798, il apprit à jouer aux échecs au café des Morillons en regardant jouer un joueur réputé, Bernard. Le lendemain même, il commença à s’opposer à cet adversaire, en acceptant le tarif perdant, soit 24 sous. Extrêmement rapidement, il devint très fort et gagna toutes ses parties devant ses concurrents auxquels il avait donné l’habitude de rendre un pion et 2 traits (2 coups initiaux). Sa renommée de premier joueur mondial fut vite acquise et on allait le voir au Café de la Régence.

Les parties et le style de Deschapelles symbolisent parfaitement la conception d’alors du jeu d’échecs. L’attaque démarrait dès l’ouverture de la partie, les sacrifices se succédaient afin d’aboutir à une combinaison finale de mat la plus spectaculaire possible. La préparation des attaques était limitée, le sens positionnel réduit, la théorie stratégique absente.

Deschapelles abandonna les échecs pour le Whist, ancêtre du bridge, dont il publia une théorie très appréciée. Il écrivit également une Loi du Peuple à la suite des émeutes de juin 1832. Il meurt en octobre 1847, après 20 mois de maladie et est enterré au Père-Lachaise.

 

 

 

 

En Résumé

 

 

- Principaux personnages :

Alexandre Lebreton-Deschapelles (1780 - 1847)

Augustin Fresnel (1788 - 1827)

Honoré de Balzac (1799 - 1850)

Léon Gambetta (1838 - 1882)

Rostand Jean (1894 - 1977)

Francis Poulenc (1899 - 1963)

Boris Vian (1920 - 1959)

Yéhudi Ménuhin

Jean-Claude Roché

Rostand François (1921 - 2003), aussi surnommé « MonPrince »

Bernard Authelet (Président du Club de 1976 à 1988)

M. Rolland (Président du Club de 1989 à 1996)

André Carrère (Président du Club de 1998 à 2000)

Pascal Champagne (Président du Club depuis 2002)

Kolokolnikov Evgueni

Schmiedel Sylvie (photographies)

François Voituron (nom d’artiste Michel Holley)

 

- Principaux lieux de jeu :

Avant 1944 : Maison de Boris Vian, 29 rue Pradier.

De 1944 à 1975 : Chez Rouet (glacier) et Les Jardies, place de la gare Sèvres-Ville d’Avray.

De 1976 à 1986 : Le « cagibi », baraquements en préfabriqués.

Deux années passées dans les Salles de classe de la Mairie (actuellement Services Techniques).

De 1987 à aujourd’hui : Colombier (Maison pour Tous).

A noter une suite non-écrite : en 2007, Le Petit-Roque a prononcé sa dissolution, le nom étant repris par le Club de Sèvres qui s’appelle désormais « Petit-Roque SVA ».

 

- Club « Petit-Roque » de Sèvres - Ville d'Avray

Par convention, le jeu loisirs et les cours ont lieu soit à Ville d’Avray, soit au 3 rue Pradier, soit à Sèvres au 5 rue Pierre Midrin, ainsi que les matchs de compétition lorsque l’équipe de Ville d’Avray reçoit ses adversaires.

3 rue Pradier

92410 - Ville d’Avray

mél : contact@petit-roque.com

 

 

 

 

 

__________________

 

(1)  article de Méry (1840), co-fondateur avec Labourdonnais du Palamède (première revue consacrée au jeu d’échecs).

(2)   « Echec et Mat » - 2005 (Revue de la Fédération Française des Echecs).

(3)   « Le Joueur d’échecs » de Stephan Zweig (1942).

(4)   « Petite philosophie du joueur d’échecs » de René Alladaye (2005).

(5)   www.mairie-villedavray.fr ; rubrique Histoire.

(6)   « Souvenirs d’un homme de Lettres » de Alphonse Daudet (1888).

(7)   « Balzac et les échecs » de David Mendelson dans « L’année Balzacienne » (1971).

(8)   « Les vies parallèles de Boris Vian » de Noël Arnaud aux Editions Christian Bourgois.

 

* Un article initialement paru dans : Revue de la société des Amis du musée de Ville d'Avray, n° 4, 2006. pp. 35-42. Article suivi de : « Un champion d'échecs né à Ville-d'Avray : Alexandre Louis Honoré Le Breton des Chapelles dit "Deschapelles" (1780-1847) » par Robert Czoelner (pp. 43-47).



20/01/2013
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