le Bouquinoire, blog littéraire

Denis Colas, ambassadeur de l'Apiculture

APICULTURE                                                             PORTRAIT

 

 

Denis Colas,

ambassadeur du miel dans le monde

 

De l’Afrique à l’Asie, ce poitevin enseigne la science de l’apiculture.

 

 

  Après une retraite prise par anticipation en 1971, le châtelleraudais Denis Colas décide de se consacrer à l’étude de l’hyménoptère : « Il y avait eu cet oncle qui disposait de plusieurs ruches. On me disait alors qu’il ne fallait pas s’en approcher, que c’était dangereux. Une certaine fascination entourait tout cela. C’est pourquoi je m’étais promis d’y revenir un jour ». Comme au départ il avait connu les pires difficultés pour glaner les secrets des apiculteurs locaux, il décide de lancer un rucher-école, dès 1982, à Châtellerault et au lycée agricole de Thuré. Dans les années suivantes, il rédige même des cours d’apiculture désormais agréés par le Ministère de l’agriculture au niveau national. Membre d’une douzaine d’Organisations Non Gouvernementales, il parcourt le monde en tant que représentant de l’Union Nationale de l’Apiculture Française.

 

 

Denis Colas - D. S.

 

 

Un baroudeur de l’apiculture

 

  « En 1985, lors de ma première prospection en brousse, il m’a fallu quatre jours avant de découvrir la première abeille. Maintenant, les abeilles sont présentes partout et les Africains ont appris à les aimer et à les protéger. Il n’y a plus besoin de monter aux arbres pour accrocher les ruches à 15 mètres de haut ! Il n’y a plus de risque de se briser les os en chutant. Les ruches sont revenues à hauteur d’homme ». Ainsi commence l’un des articles que Denis Colas a réuni dans un livre récent : Mes humanités apicoles (Ed. des Ecrivains, Paris 1999). Recueil de reportages publiés dans les revues spécialisées, cet ouvrage nous laisse une image admirative d’un spécialiste des abeilles. La distance, les climats, l’altitude, l’isolement, les immensités désertiques n’impressionnent pas cet ancien militaire qui sillonne le monde pour implanter des ruchers dans les pays en voie de développement. « Lorsqu’un an plus tard je revenais sur place pour estimer les résultats, on m’en parlait comme ceci : ‘‘avec le miel, tu nous as apporté le treizième mois !’’. »

   Une fois les peurs dissipées, l’installation des ruchers donne la meilleure satisfaction aux familles : Une seule année peut suffire pour arriver à une production confortable. Le miel, aliment sucré de base, fournit alors des ressources énergétiques non négligeables dans ces régions appauvries.

 

 

Des expériences... piquantes

 

   Au fil des années, Denis Colas est devenu un spécialiste des abeilles tropicales : si 120 espèces sont actuellement répertoriées, certaines d’entre elles suscitent encore des interrogations. Parmi les vrombissantes mystérieuses signalons l’abeille « assassine » des Etats-Unis douée d’une agressivité redoutable (une bestiole issue d’un cousinage d’une abeille d’Amérique du Sud et d’une africaine. Des primes sont même versées pour la destruction des essaims) ; l’abeille « buckfast » d’Irlande, une des espèces les plus industrieuses ; l’ « Apis Cerana » du Viet Nam, l’espèce la plus douce du monde de l’avis du spécialiste : elle se manipule aisément et fournit de bons rendements en miel. Uniquement présente au Viet Nam, elle semble provenir cependant d’un métissage avec une espèce italienne.

 

   A 70 ans Denis Colas se montre toujours aussi disponible auprès de ses amis apiculteurs. Il y a peu il était en Roumanie et à Tchernobyl pour implanter de nouveaux ruchers ! S’agissant des abeilles tropicales, il interviendra prochainement dans un congrès scientifique en Allemagne. Refermant son carnet de route, Denis Colas annonce aussi, pour les mois à venir, des déplacements aux Comores, à Cuba et à Madagascar !

 

 

 

 

 

 

De la ruche au pot de miel

 

L’un des plus importants producteurs européens exerce en Poitou-Charentes. Il s’agit de Maurice Mary, spécialisé dans la gelée royale et qui possède près de 4000 ruches. Grâce au tournesol, au colza et à un bon ensoleillement, la région est même passée devant la Provence et ses lavandes en terme de production annuelle. Un bon miel n’est pas que le résultat du travail des butineuses. Il résulte également de chauffes, filtrations, mélanges comme c’est le cas du brassage colza-tournesol.

 

*  *  *

 

Gâteaux au miel poitevin

 

D’un « rayon » faites couler 65 grammes de miel.

Mélanger avec 125 grammes de sucre, 150 grammes de farine et deux œufs. Battre énergiquement. La pâte doit être semi-liquide.

Laisser reposer trois-quarts d’heure et cuire à four moyen sur une tôle bien beurrée.

Couper en morceaux et disposer, sortant du four, sur des assiettes où les gâteaux se refroidiront en durcissant.

Conserver au sec.

 

 

 

Dany Sénéchaud

Impressions Atlantiques, 2000

 

 

 



26/11/2012
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