le Bouquinoire, blog littéraire

La pratique échiquéenne en milieu universitaire

Eléments d'Histoire culturelle du jeu / 6

 

 

 

Echecs et réussite scolaire.

 

Eléments pour un historique de la pratique échiquéenne

en milieu universitaire

 

par

 

Dany Sénéchaud (2008)

 

 

 

 

La pratique universitaire du jeu d'échecs n'a pas vraiment la même tradition ici que dans les pays Anglo-saxons... Raison pour laquelle nous traçons le présent historique à partir d'événements internationaux aussi bien qu'hexagonaux...

 

 

ecole-polytechnique_salle-de-jeu.jpg

 

 

En France :

 

Le baron Louis Bernard Guyton de Morveau (1737-1816), « revisite » le jeu d’échecs dans le Moniteur du 20 brumaire an 2 (10 nov. 1793).

(Conventionnel et membre du comité de Salut Public, il fut à l’initiative d’une autre réforme radicale : celle de la nomenclature chimique. En 1794 il fut parmi les créateurs de l’Ecole Polytechnique avec Gaspard Monge, Lamblardie et Lazare Carnot.)1

 

Gaspard Monge rédige Essai sur la marche du Cavalier dans le jeu d’échecs [3 pages – Fonds Monge de l’Ecole Polytechnique, Paris, Manuscrits IX GM 20]

(Gaspard Monge, 1746-1818, mathématicien renommé, créateur de Polytechnique et de l’ENS)

 

Emile Lemoine (1840-1912, ingénieur civil, ancien élève d’X), article péri-échiquéen dans la Revue de l’AFAS, 1880 : « Questions de probabilités et valeurs relatives des pièces du jeu des échecs. »

 

Jean Moreau de Saint-Martin, « Echecs marseillais », article dans La jaune et la rouge (revue des élèves d’X), n° 597, août 2004.

(Polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées. A participé, au sein du Conseil général des Ponts et Chaussées, à l'harmonisation européenne des règles techniques de la construction, les eurocodes)

 

 

 

Ecole Nationale des Arts et Métiers d’Aix-en-Provence :

les joueurs d’échecs – juillet 1908. Coll. Privée

 

 

 

A l’étranger :

 

Leonardo Torres Quevedo (1852-1936) issu de la Polytechnique espagnole.

[En 1911-12, Torre Quevedo, de l’Escuela Technica Superior de Ingenieros de Caminos, réalisa une machine électromécanique désignée par Joueur d'échecs afin de résoudre la lutte R+T contre R en le plus petit nombre de coups (présentée à Paris-Sorbonne en 1914). Une version plus sophistiquée comprenant un système acoustique annonçant "Echec et mat", fut construite par Gonzalo Torres Quevedo et son père en 1920 (et présentée à Paris en 1922). Mais avec la Première Guerre mondiale suivra une longue période de recherches totalement consacrées à l’armement.]

 

Wilhelm Steinitz (1836-1900) formé à l’Ecole Polytechnique de Vienne à partir de 1858.

 

En 1927, Mikhail Botvinnik (1911-1995) commença, à l’institut Polytechnique de Leningrad, des études pour devenir ingénieur en électricité. Il parvint à les terminer, 6 ans plus tard, par l’obtention du diplôme. Cela ne l’empêcha pas, dans l’intervalle, de remporter 2 fois le mythique championnat d’URSS.

 

Les premiers matches entre les prestigieuses Universités anglaises d’Oxford et de Cambridge se jouèrent « par correspondance » en 1847 et 1856 entre le Hermes Club (Oxford) et le Trinity College (Cambridge). Il s’agit de parties « en consultation » et on trouve cette confrontation traditionnelle sur échiquiers individuels pour les premières fois seulement en 1871-2 et 1872-3. Ce qui débouchera directement sur l’organisation d’une première formule de rencontres « devant l’échiquier » (over-the-board ou OTB Chess) l’année suivante : Très exactement le 28 mars 1873 se dispute le premier match sur sept échiquiers et en terrain neutre à Londres.2

 

Mise en place d'un "World Student Team Chess Championship", entre 1955 et 1977 avec des participations allant de 3 équipes (en 1952) à 29 équipes (en 1972). Le premier championnat validé fut celui de 1954. Sur 22 éditions de ce championnat l'URSS l'emporte pas moins de 17 fois.

 

6-16 mai 1955 - Le 2è Championnat du monde universitaire par équipes se déroule à Lyon, au siège de l'Association Générale des Etudiants Lyonnais (AGEL), Rue François-Garcin, en présence du président de la FFE, Mr Berman, et de personnalités des échecs comme le GMI Kotov (URSS) et le MI Sajtar (Tchécosl.). Le jeune Boris Spassky (18 ans), futur Champion du monde, jouait dans l'équipe soviétique (il marqua 7½ sur 8 au deuxième échiquier, derrière Taimanov). L’URSS remporta facilement la compétition devant la Yougoslavie et la Hongrie (13 nations représentées).

 

 

 

The Oxford University Team - "Chess Monthly", april 1894

 

 

* * *



Le Championnat de France universitaire

 

A noter que le Dr Michel Roos (1932-2002, médecin et universitaire) a enseigné le jeu d’échecs selon un point de vue pluri- et inter-disciplinaire à l’Université de Strasbourg à partir de 1974.

1975, Strasbourg : un très fort Open international universitaire d’une semaine décerne le titre de champion de France. Le titre revient à Louis Roos (4è), futur Maître International. Dussol, double champion de France universitaire ne terminant qu’à la 17è place.

1979, Strasbourg : Louis Roos remporte à nouveau le championnat.

1980, Strasbourg : Daniel Roos, également futur MI, enlève le titre national.

1981, Strasbourg : succès populaire avec 174 joueurs pour 10 nationalités, le championnat est d’une exceptionnelle qualité. Azadharf (Iran) remporte le tournoi devant Dizdar aujourd’hui GMI, Ovidiu Foisor, Kuijf, Sehner tous futurs MI. Le titre national universitaire revient encore à un membre de la famille Roos, Jean-Luc, qui devance notamment Jean-Pierre Boudre et Gilles Andruet, un futur champion de France.

1982, Strasbourg : avec 168 participants dont 3 MI, l’Open est de nouveau très disputé. Louis Roos, triomphe obtenant là son troisième titre de champion de France universitaire ! Azadharf, champion sortant ne terminant qu’à la 14è place.

1983, Montpellier : Marc Santo-Roman, futur GMI et champion de France, remporte le titre universitaire.

1995, Lyon : Le championnat renaît, après dix années d’interruption, sous forme (semi)rapide. La phase finale regroupe 36 participants issus de qualifications régionales qui ont réuni plus de 400 joueurs ! Moltchanov remporte le titre, et, pour la première fois, un titre par établissement et un titre de championne de France universitaire sont décernés. Ce dernier revient à Smaranda Lupu, Maître International féminin.

1996, Montpellier : Les 44 joueurs issus des sélections régionales représentent non plus leurs établissements, mais leurs ligues. La ligue Basse-Normandie emmenée par Moltchanov, remporte le tournoi, malgré une défaite de son leader contre le MI féminin Malina Etchegaray.

1997, Cergy-Pontoise : Organisé par équipes, ce tournoi très relevé voit la victoire de l’Université de Caen avec Maxence Godard, futur MI, au 3è échiquier.

2000 : Les Echecs sont reconnus officiellement comme sport. Devant être désormais validé par la Fédération Nationale des Sports Universitaires, le championnat cesse d’être organisé.

 

2004, Châtenay-Malabry : Organisation par les élèves de l’Ecole Centrale de Paris du premier Critérium National Universitaire d’échecs reconnu par une fédération sportive et préparatoire au rétablissement du Championnat de France Universitaire.

 

 

 

 

Tournoi des Grandes Ecoles ENSAE-BNP PARIBAS - Malakoff 2008

 

 

 

 

Rencontres inter-universitaires récentes

 ...

 

A partir des années 1957-58, rencontres universitaires régulières entre Aix-Marseille et Montpellier.

 

2002-2004

 

Plusieurs matches inter-écoles ces trois dernières années. Rencontres amicales et sans enjeu…

Polytechnique - Centrale - ENS Ulm - CCCP - ENS Cachan - ISEP (mai 2005) …

 

Critérium 2004

SORBE S. (2260) - NARDON E. (2060)

1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Bc4 Nf6 4. Ng5 d5 5. exd5 Nd4 6. c3 b5 7. Bf1 Nxd5 8. Ne4 Qh4 9. Ng3 Bg4 10. f3 Nf5 11. Bxb5+ Kd8 12. O-O Bc5+ 13. d4 exd4 14. Ne4 Nde3 15. Qd3 Nxf1?? 16. Bg5+! 1-0.

 

Critérium 2004

KOVARCIK T. (2230) - TEMPLIER N. (2280)

1. d4 Nf6 2. Bg5 e6 3. e4 h6 4. Bxf6 Qxf6 5. Nc3 d6 6. Qd2 g5 7. h4 g4 8. h5 Bg7 9. O-O-O Nc6 10. Nb5 Qe7 11. Ne2 a6 12. Nbc3 Qg5 13. f4 gxf3 14. gxf3 Qxd2+ 15. Rxd2 b5 16. Bh3 Bb7 17. d5 b4 18. Nd1 Ne5 19. dxe6 fxe6 20. Nd4 Nc4 21. Rd3 Bxd4 22. Rxd4 Ne5 23. Rxb4 Bc8 24. f4 c5 25. Rb3 Nc6 26. Rb6 Kd7 27. Rg1 Kc7 28. Rb3 Nd4 29. Rg7+ Kc6 30. Re3 Rf8 31. c3 Nb5 32. Rf3 Ra7 33. Rxa7 Nxa7 34. Kd2 Bd7 35. Ke3 Rg8 36. Kf2 Nc8 37. Ne3 Ne7 38. c4 Rg7 39. Ng4 Ng8 40. Ne3 Nf6 41. e5 Nxh5 42. Bg4 Be8 43. exd6 Kxd6 44. Ng2 Rxg4 45. Rd3+ Ke7 46. Kf3 Rg3+ 47. Ke2 Rxg2+ 48. Ke3 Rg3+ 49. Ke2 Rxd3 50. Kxd3 Nxf4+ 0-1.

 

Critérium 2004

TEMPLIER N. (2280) - SORBE S. (2260)

1. d4 f5 2. c4 Nf6 3. g3 g6 4. Bg2 Bg7 5. Nf3 O-O 6. Nc3 d6 7. O-O c6 8. Re1 Ne4 9. Qd3 Nxc3 10. Qxc3 e5 11. dxe5 Nd7 12. Bf4 dxe5 (12... Qe8) 13. Bxe5 Nxe5 14. Nxe5 Qe7 15. f4 Be6 16. Rad1 Rad8 17. Qe3 Bf7 18. Qxa7 Rxd1 19. Rxd1 Bxe5 20. fxe5 Bxc4 21. b3 Bxe2 22. Re1 Ba6 23. Bxc6 Qb4 24. Bd5+ Kh8 25. Qe3 Rd8 26. e6 Qe7 27. Qe5+ Kg8 28. b4 b6 29. a3 Bc8 30. Rc1 Bb7 31. Bxb7 (31. Rc7) 31... Qxb7 32. e7 Re8 33. Rc7 Qf3 34. Qe6+ Kg7 35. Qe5+ Kg8 36. Qe6+ Kg7 37. Qd7 Qe3+ 38. Kg2 Qe2+ 39. Kg1 Qe1+ 40. Kg2 Qe2+ 41. Kg1, ½.

 

1993-2005

 

Chaque année, au mois d’avril ou mai a lieu à Paris le Trophée des grandes écoles, tournoi d’échecs parrainé par Ernst & Young. 15 éditions depuis 1993 (les 11 premières sous l’égide du groupe Arthur Andersen) avec une vingtaine d’équipes présentes dont, pour les plus prestigieuses, Polytechnique, l’ENA, Centrale, les Mines, Arts & Métiers, l’ENS, Science-Po et HEC. En 2005, L’INP-Grenoble a remporté le tournoi en gagnant tous ses matchs devant l’Ecole Centrale de Paris. En 2006, l’Université de Caen l’emporta devant Polytechnique-Lille.

Traditionnellement, le lendemain du tournoi se joue une rencontre en simultanée entre les meilleures équipes et un super GMI du circuit international, tels Karpov, Anand, Kramnik, Polgar, Gelfand ; l’exercice ayant lieu au Palais du Luxembourg (Sénat).

 

Simultanée Trophée Andersen, Paris, 26.05.2002

GELFAND B. (2710) – PUCHER O. (2140)
1.e4 c5 2.Nf3 Nc6 3.d4 cxd4 4.Nxd4 Nf6 5.Nc3 e5 6.Ndb5 d6 7.Nd5 Nxd5 8.exd5 Nb8 9.c4 [9.a4!?] 9... Be7 10.Bd3 0-0 11.0-0 a6 12.Nc3 f5 13.f3 [ 13.f4!?] 13... Nd7 14.Kh1 Bg5?! 15.b4 Qf6 16.a3 e4 17.Bxg5 Qxg5 18.fxe4 f4 19.Be2 Rf6 20.Qd2!? [20.Qd4] 20... Ne5 21.g3?! [21.c5] 21... Bh3! 22.Rg1 [22.gxf4+] 22... Qh6 23.gxf4 Rxf4 [23...Raf8] 24.c5 Raf8 [24...Bg2+??25.Rxg2Rf1+ 26 Bxf1] 25.c6 Bf1!? 26.Raxf1! Rxf1 27.Qxh6 Rxg1+ 28.Kxg1 gxh6 29.cxb7 Rb8 30.Bxa6 Kf7 31.Nb5 Ke7 32.Nd4 Kd7 33.a4 Kc7 34.a5 Rg8+ 35.Kf1 Nd7 36.Bb5 Nf6 37.Bc6 1-0.

 

 

 

 

ecole de saint cyr_salle de jeux.jpg

 

 

* * *

 

 

Figures majeures en matière d’Echecs et de Mathématiques récréatives

 

Samuel Loyd (1841-1911), un des plus célèbres auteurs de puzzles et récréations mathématiques. Il créa aussi un bon nombre de problèmes d’échecs, souvent avec des thèmes méconnus. Principaux titres : Loyd S., Sam Loyd's Book of Tangram Puzzles ; - Cyclopedia of Puzzles (1914) ; - Mathematical Puzzles of Sam Loyd et More Mathematical Puzzles of Sam Loyd sélectionnés et édités par Martin Gardner ; - The Puzzle King: Sam Loyd's Chess Problems and Selected Mathematical Puzzles édités plus récemment par Sid Pickard.

 

Martin Gardner (°1914) présenté comme « mathématicien, magicien, sceptique », est un grand spécialiste des mathématiques récréatives. Il a beaucoup publié, notamment de janvier 1957 à 1981, dans Scientific American (et sa traduction française Pour la Science) ; date à laquelle son successeur commença de titrer : « Metamagical Themas », l’anagramme de « Mathematical Games » ! Ses livres sont également célèbres et traduits dans de nombreuses langues. Il a popularisé, par exemple, le jeu de la vie de John Horton Conway, le jeu Hex, les tangrams, les pavages de Penrose. L’Institut américain de physique l’a nommé « écrivain scientifique » de l’année 1983. Gardner avait été l’élève et l’assistant du logicien Rudolph Carnap, éminent membre du Cercle de Vienne, après que celui-ci ne fut contraint d’émigrer aux USA.

 

Raymond Smullyan (°1919), mathématicien et logicien américain, professeur de philosophie… mais aussi magicien. Il obtint son doctorat à Princeton en 1959. Comme étudiant il avait déjà publié un article majeur faisant directement suite à celui de Gödel (1931) et le mettant en valeur pour ses contemporains, concernant l’incomplétude au niveau des Systèmes formels. Il mena tout du long de sa carrière une longue réflexion sur les questions de logique, sur le théorème de Tarski et sur les travaux de Gödel. Ses parutions académiques majeures sont : Theory of Formal Systems et Gödel's Incompleteness Theorems. Et encore en 2001 :Smullyan R, “Gödel’s Incompleteness Theorems” in Goble L. (éd.), The Blackwell Guide to Philosophical Logic. Smullyan est un auteur très apprécié en matière de mathématique et logique récréatives et de problème d’échecs, notamment en matière d’analyse rétrograde. Il a signé des livres de grande qualité comme The Chess Mysteries of Sherlock Holmes et The Chess Mysteries of the Arabian Knights ; avec souvent des titres savoureux : - This Book Needs No Title, - Alice in Puzzle-land, - What Is the Name of This Book? - To Mock a Mockingbird, - Satan, Cantor and Infinity (plusieurs ouvrages parus en français chez Dunod).

 

Karl Fabel (°1905), Maître International pour la composition. Docteur en Chimie il exerça comme mathématicien. Co-auteur de Schach und Zahl, sur Mathématiques et Echecs et du livre fameux en qualité de problémiste Rund um das Schachbrett (Walter de Gruyter, 1955). Principaux articles concernant le présent sujet : Fabel K., „Nüsse“ in Die Schwalbe, n° 84, 1934. - „Weihnachtsnüsse“ in Die Schwalbe, n° 190, 97, 1947 et n° 195, 14, 1948. - „Eröffnungen“ in Am Rande des Schachbretts, 1947, pp. 34-5. - „Die ersten Schritte“ in Rund um das Schachbrett, 1955, pp. 107-9. - „Eröffnungen“, Schach und Zahl, n° 8, 1966/1971.

 

Christoph Bandelow enseigne les mathématiques à la Ruhr-University Bochum. Il a écrit plusieurs excellents livres sur le magic cube (ou Rubik’s cube) et les puzzles. Plusieurs de ses Problèmes d’échecs sont célèbres. Le Pr Bandelow fut également pionnier en matière de programmation pour résoudre les problèmes d’échecs dès 1961 (cf. Schach und Zahl).

 

 

The Oxford University Team - "Chess Monthly", april 1893

 

 

 

Forts joueurs d’échecs et Mathématiciens

 

Mathématiques et Jeu d’échecs sont liés intellectuellement depuis des siècles tant par de somptueuses légendes que par les mathématiciens de leur temps, ceci autant pour la recherche que pour la pédagogie (logique, algèbre, géométrie). Outre Emmanuel Lasker et François Le Lionnais, les mathématiciens suivants jouent ou ont joué ou étudié les Echecs :

 

Adolf Anderssen (1818-1879). Considéré comme le plus fort joueur d’échecs entre 1859 et 1866, il fut diplômé de l’Université de Breslau et enseigna les mathématiques au Friedrichs gymnasium durant la période de 1847 à 1879. Promu Professeur en 1865, il obtint un doctorat honoraire de l’Université de Breslau pour sa réussite aux échecs.

 

Noam Elkies (°1966) [Chess and Mathematics Seminar page : http://www.math.harvard.edu/~elkies/FS23j.03/index.html]. Professeur de mathématiques à Harvard il est le chef de liste actuel des joueurs d’échecs mathématiciens. Ex-champion du monde dans la catégorie résolution de problème, certaines de ses études sont célèbres — par ex., citation dans Yusupov & Dvoretsky, Technique for the tournament player (1995). Il est le plus jeune chercheur ayant obtenu un professorat à Harward, à l’âge de 26 ans !

 

Arpad Elo (1903-1992). Physicien et statisticien ayant enseigné à l’université de Milwaukee puis à l’université du Wisconsin. Il remporta le championnat du Wisconsin huit fois et annula à deux reprises contre le champion R. Fine. Il a également présidé la fédération américaine d’échecs. Mais le Dr Elo est surtout connu pour son invention d’un système scientifique d’estimation de la force des joueurs d’échecs, le classement Elo (Elo-rating system). Ce classement a été développé d’abord pour les joueurs de tennis qui n’en ont pas voulu. Les joueurs d’échecs l’ont finalement adopté dans les années 1960-70. En 1978, Arpad Elo faisait paraître à New York The Rating of Chessplayers, Past and Present.

 

Machgielis (Max) Euwe (1901-1981). Scientifique éminent et grand champion d’échecs : Champion du monde entre 1935 et 1937 ; Président de la Fédération Internationale des Echecs de 1970 à 1978, et arbitre du fameux match pour le titre mondial Fischer -Spassky (Reykjavik, 1972). Enseignant en mathématiques à Amsterdam de 1926 à 1940. Il publia une étude théorisant (mathématisant) le jeu d’échecs : « Mengentheoretische Betrachtungen uber das Schachspiel (1929) ». A partir de 1959 il s’occupa de recherches en programmation : - Directeur de The Netherlands Automatic Data Processing Research Centre (1959) ; - Coordonateur d’un comité scientifique auprès d’EURATOM pour la faisabilité d’un programme joueur d’échecs (1961-63) ; - Enseignant en Informatique à partir de 1964 à l’Université de Rotterdam puis à celle de Tilburg (jusqu’en 1971).

 

Edward Formanek (°1942). Maître International aux Echecs et Docteur en mathématiques de la Rice University en 1970. Enseignant à la Penn State University.

 

Charles Kalme (1939-2002). Maître International à 15 ans, vainqueur des championnats Juniors américains en 1954 et 55, il annula contre l’exceptionnel Fischer en 1960… En 1961 il est major de promotion à la Moore School of Electrical Engineering (Université de Pensylvanie). La même année il reçoit l’important Cane Award. Il obtient son doctorat en mathématiques en 1967 et publie par suite deux articles majeurs : - “A note on the connectivity of components of Kleinian groups”, Trans. Amer. Math. Soc., 137, 1969. - “Remarks on a paper by Lipman Bers”, Ann. of Math.(2), 91, 1970. En 1971 il popularise en le traduisant l’ouvrage des Allemands Siegel & Moser, Lectures on celestial mechanics, Springer-Vlg, New York. Il prend une part importante dans l’avancement d’un premier programme joueur d’échecs performant et en juin 1973 paraît l’article “An advice-taking chess computer”, in Scientific American. Il fut éditeur associé de la Math Reviews entre 1975 et 1977 avant de retourner dans sa Lettonie natale pour populariser l’Informatique et réussir un come-back aux Echecs obtenant un Elo-rating de 2460.

R. J. FISCHERC. KALME, New York, 1960 (Ruy Lopez variation)

1.e4 e5, 2.Cf3 Cc6, 3.Fb5 a6, 4.Fa4 Cf6, 5.0-0 Fe7, 6.Te1 b5, 7.Fb3 0-0, 8.c3 d6, 9.h3 Cd7, 10.a4 Cc5, 11.Fd5 Fb7, 12.axb5 axb5, 13.Txa8 Dxa8, 14.d4 Cd7, 15.Ca3 b4, 16.Cc4 exd4, 17.cxd4 Cf6, 18.Fg5 Dd8, 19.Da4 Da8, 20.Dxa8 Txa8, 21.Fxf6 Fxf6, 22.e5 dxe5, 23.Ccxe5 Cxe5, 24.Fxb7 Cxd3, 25.Fxa8 Cxe1, 26.Fe4 b3, 27.Cd2, 1/2.

 

Marc Krasner, grand mathématicien, Professeur aux universités de Clermont-Ferrand et de Paris. Il enseignait aux étudiants de troisième cycle, dirigeait la préparation de leur thèse de doctorat et était connu des mathématiciens du monde entier. Il faisait souvent des conférences aux Etats-Unis, en Europe et au Canada. Krasner était sociétaire du Cercle d’échecs Potemkine de Levallois-Perret.

KRASNER - ANTONOV, Paris, 1949 (Gambit From)

1.f4 e5, 2.fxe5 d6, 3.exd6 Fxd6, 4.Cf3 g5, 5.d4 g4, 6.Cg5 f5, 7.e4 Fe7, 8.Ch3 gxh3, 9.Dh5+ Rf8, 10.Fc4 Fb4+, 11.c3 De7, 12.0-0 b5, 13.Fxg8 Rxg8, 14.Rf3 Dxe4, 15.Rg3+ Rf8, 16.Fh6+ Re7, 17.Re3, 1-0.

 

Martin Kreuzer (°1962), Grand Maître du jeu par correspondance, spécialiste en Algèbre commutative.

 

Lev Loshinski (1913-1976), Grand Maître d’échecs pour le domaine de la composition, il enseigna les mathématiques dans son pays (Université de Moscou ?).

 

A. Jonathan Mestel, Grand Maître du jeu sur plateau et Grand Maître pour la composition (et champion du monde de résolution en 1997), il est mathématicien spécialisé dans la mécanique des fluides et conférencier auteur de nombreux articles de recherche. Enseignant à la faculté de l’Imperial College de Londres.

 

Walter D. Morris, Maître International aux Echecs et enseignant de mathématiques à la faculté George Mason-Université de Virginie, USA.

 

John Nunn (°1955), célèbre Grand Maître du jeu sur plateau et Grand Maître pour la composition (et champion du monde de résolution en 2004), Doctorat en mathématiques à Oxford obtenu en 1978 à l’âge extraordinaire de 23 ans ! Spécialité en Topologie algébrique marquée avec un premier article “The homotopy types of finite H-spaces”, Topology, 18, 1979, n° 1.

 

Nick J. Patterson (°1947). Maître International et champion d’Irlande en 1969, Docteur de la prestigieuse Université de Cambridge. On verra sa page Echecs sur l’Internet : http://www.markorr.net/tica/players/pattersonn/home.html

 

Hans-Peter Rehm (°1942), Professeur de mathématiques à l’Université de Karlsruhe (spécialité en Algèbre différentielle), et compositeur de Problèmes d’échecs. Une sélection de ses compositions, notamment multi-coups, et articles dédiés a paru en 1994 : Hans+Peter+Rehm=Schach Ausgewählte Schachkompositionen & Aufsätze.

Ilan Vardi, Professeur de mathématiques à l’Ecole Polytechnique (Départ. d’Informatique). Joueur d’échecs prometteur dans sa jeunesse avec une place en finale de l’Open de Montréal 1975 (défaite contre le futur Grand Maître Spraggett).

 

Jean-Christophe Yoccoz (°1957), mathématicien issu de l’ENS et qui a effectué sa thèse sous la direction de Michael Herman (1985). Il a reçu la prestigieuse médaille Fields en 1994 au congrès de Zurich pour ses travaux sur les Systèmes dynamiques. Elu membre de l’Académie des sciences cette même année, il est professeur au Collège de France. Voici une partie déjà ancienne si l’on considère qu’il est aujourd’hui encore compétiteur au sein de la Fédération Française.

YOCCOZBELIC, 1988

1.c4 e5, 2.Cc3 Cf6, 3.g3 d5, 4.cxd5 Cxd5, 5.Fg2 Cxc3, 6.bxc3 Fc5, 7.Db3 c6, 8.Fa3 Fb6, 9.d3 Fe6, 10.c4 Df6, 11.e3 Cd7, 12.Ce2 Fa5+, 13.Rf1 Fb6, 14.Cc3 Ff5, 15.Ca4 Fxe3, 16.fxe3 Fxd3+, 17.Re1 e4, 18.Cb2 Ce5, 19.Dxb7 Td8, 20.Tc1 h5, 21.h3 Dg5, 22.Cxd3 Dxe3+, 23.Rf1 Dxd3+, 24.Rg1 Dxa3, 25.Tf1 0-0, 26.Rh2 Td2, 27.h4 Cg4+, 28.Rh3 Td3, 29.Dc7 Te3, 30.Df4 Dxa2, 1-0.

 

Quelques autres Entrées sont proposées par le site Internet de W. D. Joyner, http://web.usna.navy.mil/~wdj/math_chess.htm :

 

Magdy Amin Assem (195?-1996), sorti docteur de l’Université de Washington en 1988, mathématicien spécialisé dans la théorie de la représentation p-adic et dans l’Analyse harmonique, avec plusieurs parutions importantes. Il avait un niveau de candidat-maître aux Echecs (2380 Elo).

 

Otto Blathy (1860-1939), un problémiste réputé qui sortit promu docteur en mathématiques des Universités de Budapest et de Vienne mais exerça le métier d’ingénieur en électricité (cf. Soltis A., Chess to Enjoy. pp.30-4).

 

Le problémiste réputé John D. Beasley a écrit plusieurs ouvrages majeurs sur la Mathématique des jeux. Il est dirigeant au sein de la British Chess Variant Society.

 

Alexander Conel Hugh O'Donel (1909-1974), le plus fort joueur d’échecs anglais après la Seconde Guerre mondiale jusqu’à l’arrivée de J. Penrose. Il n’était pas mathématicien de métier mais s’occupa de codage et cryptographie durant la guerre, comme le joueur soviétique fameux David Bronstein (cf. Kahn, Kahn on codes).

 

Vania Mascioni (°1962), dirigeant à l’IECG (Internet Email Chess Group), son classement international s’élève à 2325. Doctorat à Zurich en 1988 ; actuellement enseigne les Mathématiques à la Ball State University avec pour domaine de prédilection l’Analyse fonctionnelle.

 

Le problémiste J. G. Mauldon a écrit plusieurs études mathématiques.

 

Kenneth W. Regan, Professeur d’Informatique à la State Univ. de New York Buffalo, son fort classement international s’élève à 2450.

 

Kenneth S. Rogoff (°1953), Professeur d’Economie à Harward, sa Thèse parut en revue de Statistiques. Il est Grand Maître d’échecs depuis 1978.

 

Le Grand Maître canadien Duncan Suttles (°1945) a atteint le niveau du doctorat en Mathématiques. Il est également Grand Maître du jeu par correspondance.

 

Stanislas Ulam (1909-1984), mathématicien et physicien célèbre (auteur de l’autobiographique Adventures of a mathematician) fut un fort joueur d’échecs également.

3

 

 

 

Dany Sénéchaud

 

 

 

Lire l'étude complète Mathématiques et jeu d'échecs (19 pages) :

D. Sénéchaud, « La vie est une partie d'échecs » (le jeu d'échecs en 300 citations du monde entier) ; édition augmentée de « Eléments d'histoire culturelle du jeu » (6 courtes études). La Libre Case, Poitiers, 2013. 159 pages.

Commande auprès de l'auteur : dsenechaud(at)free.fr

 

 

 

________________

 

1 Voir l'article de M. Soyez, « Les Echecs sous la Révolution française », http://www.mjae.com/revolution.html

2 Cf. Tim Harding, “The First Oxford-Cambridge University Match”, in www.Chesscafe.com, 9 août 2006

3 Les homonymes existent d’où certaines mentions erronées. Donc, précisons :

Le grand champion Wilhem Steinitz n’a rien à voir avec le mathématicien Ernst Steinitz (1871-1923).

A contrario, il existe certaines paires de famille - comme le mathématicien-chercheur Ben Fine, fils du joueur célèbre et psychologue Reuben Fine (1914-1993) ; - comme le Grand Maître James Tarjan frère du célèbre informaticien Robert Tarjan ; - ou encore comme les frères Jonathan et Sir Roger Penrose, le premier étant un des meilleurs joueurs anglais dans les années 1950 et 60, puis Grand Maître du jeu par correspondance en 1983, le second étant le mathématicien et physicien célèbre.

Différents articles mentionnent plusieurs autres mathématiciens joueurs d’échecs ou problémistes comme : - George Airy, - George Atwood, - Harry Bateman, - Jacob Bronowski, - Max Black, - G. H. Hardy, - Kurt Hirsch, - Maurice Kendall, - Theodor Molien, - Frank Morley, - Simon Newcomb, - Maxwell Newman, - Jakob Rosanes, - George Salmon, - Norman Steenrod, - Thorvald Thiele, - Konrad Zuse…

 

 

 

 

« Mat en 3 coups »(ici livraison de février 1947) est un faux-ami !

Il s’agit en réalité de la revue théâtrale de l’Ecole des Mines de Nancy



17/01/2013
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